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Et le vent dans tout ça ?

— Et le vent dans tout ça ?

Et le vent dans tout ça ?

 

Il faut remonter très loin dans le temps pour rencontrer Eole, un personnage de la mythologie grecque, fils de Poséidon, dieu de la mer. Les auteurs de l’antiquité placent Eole maître des vents. Il les surveille et les contrôle, sous les ordres de Poséidon et de Zeus. C’est bien plus tard, vers l’an 1080, que le mot « vent », du latin ventus, du sanscrit vâta ou vâya, de la racine , « Souffler », apparaît dans la langue française. Au regard de l’étymologie du mot vent n’est-ce pas un pléonasme que de dire le « vent souffle » ?

 

Des vents planétaires aux vents locaux

Le vent est de l’air en mouvement. Il apparaît naturellement des différences de pression et de température dans l’atmosphère terrestre entre un air froid et lourd et un air chaud et léger. Le vent planétaire balaie la surface du globe terrestre à de hautes altitudes. Le vent local fait partie des éléments climatiques au sol qui caractérisent une région, un pays, et microclimatique pour un lieu et un terrain. Il existe autant de vents que de reliefs différents. Il y a des vents qui reviennent régulièrement à certains moments de l’année et d’autres à certaines heures du jour et de la nuit. Chaque région de France a ses vents locaux. Il en existe plus de 500 à l’origine de plusieurs dizaines de roses des vents locaux. Toutes très différentes, la rose des vents du Pays Catalan, n’est pas la rose des vents de Normandie ni celle des Flandres et d’Artois.

Existence du vent

Le vent en lui-même n’existe pas. Il naît et meurt, se lève et se couche indépendamment de la volonté humaine. Le vent est un élément animé, sauvage, indomptable et capricieux. Il est invisible et ne peut être touché, c’est lui qui vient au contact, impose sa nature et provoque des réactions. Il affecte le vivant en suscitant différentes sensations et influences sur la santé.

 

Perception du vent

Les poètes parlent souvent du vent. Ils le qualifient dans sa façon de souffler en disant de lui qu’il est doux, violent, cinglant, impétueux, glacial, fantasque, mais aussi qu’il gémit, hurle, soupire, siffle et rugit. Ils disent aussi qu’il emporte, chasse, disperse, etc., autant d’adjectifs que de possibles dans cette forme d’expression de la nature. Cette dernière signe une partie du caractère du lieu. Il est alors fait état de « topoclimat », autrement dit de l’influence du climat sur des zones de l’ordre de la dizaine de kilomètres en plaine.

Représentation du vent

Depuis très longtemps le monde de l’art représente le vent sous l’aspect sexué d’un homme ailé, souvent d’âge mûr avec une forte musculature. La représentation du vent la plus célèbre est celle où le dieu Borée enlève Orithye. Le British Museum de Londres possède un relief de bronze intitulé « Borée enlevant Orithye ». Cette œuvre est datée de vers 350 av. J.-C. Depuis, les artistes continuent de représenter cette scène mythologique sous forme de bronzes, céramiques, tapisseries, fusains, huiles sur toiles, etc. Des quatre principaux vents, Borée et Zéphyr sont les plus représentés. Borée, le vent du nord, est le plus redoutable de par sa froideur glaciale.

 

Le vent chez les anciens

Les peuples anciens quant à eux pensaient que les vents étaient un phénomène d’ordre divin. Les Perses avant les Grecs honoraient les vents. Les vents possédaient des autels et des déesses dédiés. Des sacrifices leur étaient offerts. Les Grecs, par exemple, distinguent les vents en fonction de leur origine cardinale en les personnifiant.
Ainsi, les quatre principaux vents sont Borée le vent du Nord, Euros (ou Eurus) le vent de l’Est, Notos le vent du Sud et Zéphuros (qui a donné Zéphyr) le vent de l’Ouest. De son temps Aristote détermine 8 vents. Plus tard, à Athènes, au Ier siècle av. J.-C. est construit un édifice octogonal avec à son sommet une girouette pour marquer l’orientation des vents.

Note :
Ne pas confondre le vent Euros des Grecs avec l’unité monétaire de l’Europe, l’Euro qui est invariable et ne prend pas de « s » au pluriel (Voir les billets de la monnaie européenne).

Dans la conception des anciens le vent est un signe des dieux, souvent lié à la colère et au châtiment. Il peut punir s’il devient une tempête ou un ouragan. Il a longtemps suscité le respect et la crainte.

Le vent était aussi associé à la santé. C’est cet aspect qui intéresse plus particulièrement le géobiologue. Hippocrate de Cos (vers 460-377 av. J.-C.) médecin grec, dans son traité intitulé Airs, eaux, lieux mélangeait à la fois poésie et science pour parler des liens reliant l’humain et son milieu ambiant. Il est possible de lire sous sa plume : « Que celui qui veut perfectionner l’art de guérir considérera les causes extérieures qui agissent sur l’être vivant, concurremment avec les déterminations constitutionnelles qu’il porte en lui. Il devra entreprendre de définir l’influence des saisons de l’année (…) s’instruire comment l’endroit est disposé par rapport aux vents, aux hivers (…). »

De par son traité, il est un des premiers à énoncer les bases de la météopathologie.

 

Urbanisme et architecture

Au Moyen Âge, les traceurs de bastides utilisaient le plan radio-concentrique pour s’adapter aux caractéristiques topographiques du lieu mais aussi pour briser les rafales de vent.

Aujourd’hui, les urbanistes et architectes commencent à prendre véritablement conscience du vent avec les immeubles de grande hauteur (IGH). Des simulations en soufflerie sont réalisées afin d’étudier l’écoulement du vent autour des bâtiments et évaluer l’impact de la pression du vent sur les façades des immeubles. Dans certaines conditions d’épisodes venteux des géobiologues ont constaté un mal-être chez des personnes habitants des appartements situés dans les étages en hauteur.

 

Bioclimatique et vivant

Le vent fait partie des paramètres à prendre en considération pour l’adaptation bioclimatique. Pour cela, il convient de choisir un lieu où le vent reste confortable pour le vivant, ni trop fort, ni totalement absent, mais juste ce qu’il faut pour aérer, ventiler, le lieu de façon à l’assainir régulièrement de l’humidité et des divers polluants. Toutefois, pour le géobiologue, le choix bioclimatique doit venir après avoir respecté les conditions de vie du vivant. Celles-ci doivent primer, avant toutes autres.

 

Météosensibilité

Le vent est une des composantes de l’hygiène de l’environnement traitée dans le cadre de la géobiologie. À ce titre le géobiologue doit être attentif à sa présence sur un site. Cela fait partie de son domaine de compétence, car l’exposition chronique ou non du vivant au vent n’est pas anodine. Le vent change les conditions du milieu de l’humain. Il influence directement la qualité de l’air ambiant en modifiant la température, l’hygrométrie, le potentiel électroatmosphérique, l’ionisation, etc., de plus, il est souvent associé à une baisse de la pression atmosphérique. La variation de chacun de ces paramètres a une action sur le vivant en général et plus particulièrement sur l’organisme humain. L’influence est d’autant plus importante que les variations sont rapides et de grandes amplitudes.

Déjà, de son temps Paracelse (1493-1541), médecin et philosophe suisse, affirmait : « Qui connaît l’origine des vents, du tonnerre, des temps, celui-là sait d’où viennent les maladies ».

De très nombreuses personnes sont sensibles aux conditions météorologiques. Il est dit qu’elles sont météosensibles. Hésiode (VIIIe siècle av. J.-C.) poète grec, différenciait dans son poème Les Travaux et les Jours les vents favorables et les vents malfaisants. Afin d’avoir un aperçu des effets indésirables du vent sur la nature humaine il est possible de classer les vents en deux grandes catégories : les vents froids et humides et les vents chauds et secs.

Les vents froids peuvent être à l’origine des migraines, insomnies, névralgies, irritations des muqueuses et des douleurs rhumatismales. Les malades pulmonaires sont principalement affectés par ce vent.

Les vents chauds et secs sont les plus redoutés depuis la nuit des temps. Ils sont la cause d’agitation, d’inattention, d’asthénie, de céphalée, de prurit, de douleurs rhumatismales, d’états d’irritabilité et de nervosité, d’épuisement, d’angoisse, d’insomnie et de cauchemars. Les cardiaques, les nerveux et les nouveau-nés sont particulièrement sensibles aux vents chauds et secs. Les nourrissons dorment mal, sont agités et crient. Les effets sont d’autant plus marqués que l’enfant a une santé fragile. Les effets des vents chauds et secs atteignent les personnes quel que soit l’endroit où elles se trouvent, y compris à l’intérieur des constructions, ce qui n’est pas le cas pour les vents froids et humides.

Dans tous ces cas, il possible de parler de psychoclimatologie et de météopathologie.

Ce que rappelle Paul Verlaine (1844-1896) écrivain et poète français, dans le très célèbre poème Chanson d’automne (1866) : « Et je m’en vais – Au vent mauvais – Qui m’emporte – Deçà, delà, – Pareil à la – Feuille morte. »

Il est assez fréquent que des personnes météosensibles ressentent les effets délétères du vent bien avant que celui-ci ne commence à souffler. Les réactions peuvent se manifester 24 à 48 heures à l’avance par des états de fatigue, des maux de tête, de la lourdeur dans les membres, de la nervosité voire également de l’angoisse et l’aggravation d’un état dépressif.

D’une manière générale, plus les vents sont violents plus ils sont préjudiciables à la santé de l’être humain.

La conclusion revient à Paul Valéry (1871-1945) écrivain, poète et philosophe français, dans son très long poème Le cimetière marin (1920) « Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre ».

Pour citer cet article : Olifirenko Bernard, “Et le vent dans tout ça ?”, site internet http://argemaformation.com/index.php/2021/03/26/et-le-vent-dans-tout-ca/ , le 26 mars 2021.

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Argema Formation – École Nationale de Géobiologie Appliquée.
Demande d’information complémentaire.

Bernard OLIFIRENKO géobiologue

Pour joindre l’auteur :
argema.toulouse@wanadoo.fr
Tél. : 06.88.43.46.36.

Bernard OLIFIRENKO
Géobiologue, Ecoconsultant, Ergonome.