Peut-on parler de paranormal ? (1/2)

— Peut-on parler de paranormal ? (1/2)

Peut-on parler de paranormal ?
(Première partie)

De tout temps l’être humain a fait appel aux raisons surnaturelles pour expliquer ce qu’il ne comprenait pas, ce qui ne semblait pas être de son fait. En d’autres termes, ce qui ne lui apparaissait pas normal. Pour relater ces faits et les transmettre, les populations anciennes ont utilisé les légendes, les contes, le folklore et les mythes.

Aujourd’hui encore, le nombre de personnes croyant que les phénomènes paranormaux existent est très élevé puisqu’il correspond environ à 70 % de la population française. Un tiers des gens vivant dans les campagnes comme dans les villes affirme avoir vécu un phénomène paranormal.

L’accent est mis par les médias se faisant fréquemment l’écho de phénomènes paranormaux dans des habitations ou des lieux. Il est alors généralement évoqué la présence d’une Dame Blanche au bord d’une route, d’un esprit frappeur dans une maison, etc.

 

Ce qui est normal et ce qui ne l’est pas

Le mot normal vient du latin normalis, de norma, « équerre ». Pris dans son sens figuré, le plus connu et utilisé, son sens se modifie et devient ce qui sert de modèle et de règle. À partir de là, il est possible de faire une comparaison afin d’établir ce qui est normal et ce qui ne l’est pas.

Des phénomènes normaux sont donc conformes au modèle de pensée et aux règles préétablies. Dans un sens plus large, ils sont dépourvus de tout caractère exceptionnel. Ils sont en conformité à ce qui se produit d’habitude, ce qui est attendu, fréquent et prévisible. Le tout constituant un réel conventionnel et arbitraire défini par la physique et la biologie, avec des lois mathématiques.

Schématiquement, les choses ne sont donc pas normales lorsqu’elles sont bizarres, déraisonnables, étonnantes, exceptionnelles, extraordinaires, inattendues, inexpliquées, insolites, invraisemblables, magiques, merveilleuses, miraculeuses, occultes, paranormales, particulières et spéciales. Autant de mots pour dire qu’une chose n’est pas normale, parce que ne rentrant pas dans le cadre de ce qui est prédéfini.

 

Définir le paranormal

En 1908, Émile Boirac (1820-1917), philosophe et parapsychologue français, publie La Psychologie inconnue. Introduction et contribution à l’étude expérimentale des sciences psychiques. Le mot « paranormal » apparaît ici pour la première fois.

Au XXIe siècle, il est possible de définir consensuellement le paranormal en s’appuyant sur les trois définitions suivantes :

Celle donnée par l’association américaine Parapsychological Association définissant le paranormal comme des : « Anomalies apparentes, existant hors de tout mécanisme explicatif actuellement connu. »

Celle donnée, en 1981, par James E. Alcock, (1942- ) psychologue américain définissant le mot paranormal dans son ouvrage intitulé Parapsychology, Science or Magic comme : « Un phénomène paranormal est un phénomène qui est inexplicable dans les termes de la science actuelle, qui est explicable uniquement par une révision majeure des principes à la base de la science ou qui n’est pas compatible avec les normes des perceptions, des croyances et des attentes à propos de la réalité. »

Et, enfin, celle donnée en 1999 par Philippe Wallon (1948- ), médecin psychiatre et psychothérapeute français, chargé de recherche à l’INSERM, dans son livre Le Paranormal. Il y définit le paranormal comme ceci : « Pour l’esprit rationnel, les phénomènes paranormaux constituent un risque, une ouverture sur la déraison, l’illusion et la fraude. Or, des expérimentations scientifiques semblent attester l’existence de ces phénomènes. »

D’une manière générale, il est possible de diviser le paranormal en trois grandes familles de phénomènes. Il y a les entités (exemples : états fantomatiques, hantises, poltergeists, etc.), la magie (exemples : maléfices, sortilèges, etc.) et les autres (exemples : télépathie, magnétisme, mancies, etc.), que certains nomment les pseudosciences.

 

Faut-il penser « paranormal »

Là se trouve le nœud gordien de ce qu’il convient de penser. Comment est-il souhaitable de penser quelque chose afin que le modèle mis en place et le vocabulaire utilisé restent le plus proche possible de la réalité des choses sans soumettre cette même chose à la loi de la « Torsion du silence », chère au rationalisme.

Le mot paranormal a été inventé pour penser les phénomènes particuliers d’une certaine façon, de les localiser dans une cohérence rationnelle. C’est pour cette raison implicite que le préfixe para, « à côté de », « parallèle à », « qui tourne autour de », soit à côté et autour du normal a été employé. Le choix de ce préfixe n’est pas futile. À partir de cette préférence linguistique, il est possible de savoir où se trouvent les phénomènes en question, même s’ils ne sont pas expliqués. Ils sont justes à côté de ce qui est connu. Cette façon de penser n’est pas anodine. Elle rassure, en enclenchant un début de rationalisation de quelque chose qui ne l’est pas.

Cette approche volontariste a enfermé les phénomènes « paranormaux » dans une catégorie, une cohérence de laquelle ils ne peuvent plus sortir, sans changer de paradigme.

De plus, le simple fait de penser paranormal crée une dissociation, une dichotomie, entre un normal et ce qui est considéré comme ne l’étant pas, dans le modèle de pensée mis en place.

 

Paranormal et parapsychologie

Dans l’ensemble sont donnés comme phénomènes paranormaux l’ensemble des manifestations ne pouvant être expliqués par la logique de la raison. Cette façon de penser a associé tout naturellement le paranormal à la psychologie.

À cela, il convient de rappeler que d’autres logiques peuvent être mises en place, au même titre que le chaos n’est pas un état dans lequel règne le désordre absolu mais un état différent répondant à une autre logique.

 

Les phénomènes paranormaux sont donc étudiés par la parapsychologie (« à côté de », rattaché à la psychologie). Bien que la parapsychologie est censée traiter la totalité des phénomènes paranormaux, en réalité elle s’intéresse principalement aux phénomènes pouvant être abordés en laboratoire comme les perceptions extrasensorielles que sont la clairvoyance, la précognition, la télépathie, la psychokinésie, etc.

Toutes ces études sont menées avec des méthodes rationnelles alors qu’elles cherchent à comprendre et expliquer des phénomènes non cartésiens.

 

Pour citer cet article : Olifirenko Bernard, Peut-on parler de paranormal (1/2), site internet : http://argemaformation.com/index.php/2020/01/25/peut-on-parler-de-paranormal/, le 25 janvier 2020.
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Tél. : 06.88.43.46.36.

Bernard OLIFIRENKO
Géobiologue, Ecoconsultant, Ergonome.

Saint-Ferréol, le 25 janvier 2020.

Bernard OLIFIRENKO
argema.toulouse@wanadoo.fr