L’effet nocebo en géobiologie

L’effet nocebo en géobiologie

L’effet nocebo en géobiologie

 

Définitions du mot nocebo

Le mot latin nocebo peut se traduire et se définir par « Je vais faire du mal », « Je nuirai ».

 

Origine du mot nocebo

En 1961, Walter Kennedy, médecin américain, introduit la notion de réaction nocebo dans le monde médical suite à l’article qu’il publie dans la revue Medical Word. Kennedy impute cette réaction à « la qualité inhérente au patient, pas au remède ». Il écrit cet article en réponse à celui écrit par Henry Beecher (1904-1976) anesthésiste américain, quelques années plus tôt, en 1955, dans JAMA Internal Medicine, sur l’effet placebo, intitulé The Powerful of Placebo, « La puissance du placebo ». Le mot placebo pouvant se traduire par « je plairai », de placeō : « je plais ». Les deux mots placebo et nocebo créant ainsi une sorte d’opposition, en forme d’image miroir.

 

Fonctionnement de la réponse nocebo

La réponse nocebo est d’une forme d’auto-induction dans laquelle le sujet perçoit ce qu’il s’attend à percevoir, comme si la personne lançait une prédiction à son encontre qu’elle va elle-même réalisé par sa propre attitude mentale malveillante. Dans le principe, les sentiments négatifs d’une personne finissent par se traduire en réalité négative pour elle-même.

D’une manière générale, la réponse nocebo est d’autant plus importante que l’état psychologique d’une personne est fragilisé par l’anxiété, l’angoisse, la peur, la crainte, la frustration, la colère, mais aussi une nature pessimiste ou désespérée. Étrangement, il a été démontré que la réponse nocebo est plus élevée chez les femmes, sans qu’aucune explication ne soit donnée.

En 2014, Miro Jakovljevic, professeur de psychiatrie au centre hospitalier universitaire de Zagreb, en Croatie, publie un article dans European Neuropsychopharmcology. Il y précise que les réponses nocebo sont « multifactorielles, multidimensionnelles et étiologiquement complexes ».

 

L’effet nocebo dans les textes officiels français

En décembre 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) définit l’effet nocebo comme suit : « L’effet nocebo peut être défini comme l’ensemble des symptômes ressentis par un sujet soumis à une intervention « vécue comme négative » qui peut être un médicament, une thérapeutique non médicamenteuse ou une exposition à des facteurs environnementaux. » et d’ajouter : « Néanmoins, l’existence d’un tel effet nocebo n’exclut pas de facto l’existence d’effets sanitaires qu’il peut potentiellement exacerber. »

Dans cette définition, il est important de souligner la reconnaissance des facteurs environnementaux comme potentiellement nuisible à la santé.

L’Anses reconnaît aussi que « des situations de réel mal-être sont rencontrées, et des effets sur la santé parfois constatés médicalement ».

Le 16 janvier 2020, le Journal Officiel de la République française publie la définition de l’effet nocebo en « santé médecine ». Il en donne la définition suivante : « Réaction indésirable qui est imputée par un patient à un traitement, bien qu’elle soit sans rapport avec les propriétés établies de ce dernier. »

À ce jour, dans les textes réglementaires français, seul le monde médical fait référence à l’effet nocebo, bien que l’Anses en donne une définition.

Pourtant, depuis 1961 la réponse nocebo est passée insensiblement du monde médical à l’impact environnemental sur le vivant, que l’on retrouve dans l’hygiène de l’environnement, le domaine de la géobiologie.

 

Des faits confirmant l’existence d’un possible effet nocebo

En avril 2009, les médias se font l’écho d’une réaction nocebo à grande échelle. Les habitants d’une résidence, riverains d’antennes relais de téléphonie mobile récemment implantées, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) indiquent ressentir un certain nombre de symptômes dus aux antennes, alors que ceux-ci ignoraient que les antennes relais n’étaient pas en service.

Cet épisode a jeté un certain discrédit sur l’impact des hyperfréquences sur la santé. Il a alors été rapporté, légitimement (dans ce cas), que les gens perçoivent ce qu’ils s’attendent à percevoir, confirmant ainsi la théorie psychosomatique d’auto-induction, étant entendu que cet épisode ne peut en aucun cas remettre en cause la possibilité d’une hypersensibilité électromagnétique individuelle (HSEM, OMS, 2005) .

 

L’effet nocebo en géobiologie :

1) Utilisation de la réponse nocebo dans la vente d’appareils et de dispositifs

Dans le domaine de la géobiologie, il est assez fréquent que le géobiologue propose à la vente des appareils et dispositifs de remédiation. Cette pratique ne pose pas nécessairement de problème en soi. En revanche, la technique de vente pour le commerce de ces appareils et dispositifs est souvent critiquable. En effet, il a été rapporté à plusieurs reprises l’emploi par le « géobiologue » d’un discours basé sur la peur dans le seul but de provoquer une réponse nocebo chez le client. Le but de « l’intervention de géobiologie » étant de vendre un appareil ou un dispositif et non pas de réaliser une véritable intervention de géobiologie. Dans ce cas, le client est le plus souvent confronté à un commercial qu’a un véritable géobiologue. Un argumentaire de vente basé sur une réponse nocebo n’est pas acceptable pour la crédibilité et le sérieux de la profession de géobiologue.

 

2) La réponse nocebo dans la pensée magique

Le géobiologue dans le cadre de son intervention peut s’intéresser aux phénomènes particuliers, autrement connus sous le nom de « phénomènes paranormaux ». Plusieurs cas de figure peuvent se présenter dans l’existence de l’effet nocebo :

– Du fait du client

Très souvent, il s’agit essentiellement d’un syndrome lié à la culture, autrement dit d’une cohérence propre dont la réalité est individuelle ou partagée avec un groupe ou une communauté. La personne a construit un monde générateur d’une réponse nocebo, dans lequel elle s’est enfermée.

– Du fait d’un tiers

Cela peut être par exemple le résultat d’une réelle action menée par un tiers (individu ou groupe) à l’encontre du lieu et/ou du client indépendamment du modèle de pensée (croyances ou non) de celui-ci. La réponse nocebo est dépendante des pratiques magiques et du crédit apporté à l’efficacité de l’action de celles-ci.

– Du fait du géobiologue

Il peut aussi s’agir de la projection personnelle du géobiologue, indépendamment de ce qu’il en est réellement. Ce dernier peut projeter ses propres fantasmes, peurs, angoisses, superstitions, etc. sur le lieu et les personnes. De fait, il entraîne son client dans sa propre histoire génératrice d’une réponse nocebo.

Dans le domaine de la pensée magique, tous les possibles sont permis. Mais, ce qui compte en dernier lieu, c’est la façon dont le géobiologue va rendre compte de sa perception au client et de la suite qu’il entend lui donner. Le géobiologue va-t-il avoir un comportement éthique ou pathogène ? Quel conditionnement va-t-il induire dans le subconscient du client et dans ses attentes conscientes ?

 

3) Le rapport d’intervention

La forme et le contenu du rapport d’intervention du géobiologue peuvent devenir la cause de pensées négatives (par cristallisation de celles-ci) et par voie de conséquence avoir une action délétère sur la santé du dépositaire du rapport, par une réponse nocebo.

L’état anxiogène (avec réponse nocebo) dans lequel peut-être est plongé le client, par la remise de certains rapports, amène des réactions du type : « Avec tous ces traits qui quadrillent ma maison comment veux-tu que je mette mon lit. », « Je suis désespéré, je ne sais plus où je peux m’installer dans mon appartement sans être en danger. », « Il y a des réseaux géobiologiques partout, je ne sais plus quoi faire. », « Des courants d’eau souterrains, des failles, des réseaux, des champs électromagnétiques, il y en a partout ! Je suis effondré ! Je ne sais plus comment faire. »

Le géobiologue doit garder à l’esprit que la remise d’un document dont le contenu ne permet pas au client de s’adapter à ce qui lui est présenté est source d’une réaction nocebo inéluctable pour ce dernier. Dans les années 1980, le magazine Paris Match a utilisé la célèbre publicité « Le poids des mots, le choc des photos » pour rappeler que ce qui est contenu dans un journal (ou un rapport d’intervention) a une conséquence certaine sur le lecteur.

Parfois même, pour certaines personnes d’une hypersensibilité accrue, le simple fait de décrire un risque potentiel peut suffire à produire un effet nocif de type nocebo.

 

Bannir l’effet nocebo

De nombreux facteurs sont impliqués dans le mécanisme de la réponse nocebo. Il peut s’agir de la relation client/géobiologue, de la façon dont sont présentées et expliquées les choses, du vocabulaire utilisé, du contenu du rapport d’intervention (texte, dessins, photos), etc.

Le géobiologue ne rend pas seulement compte à son client ce qu’il a relevé sur le lieu, mais il en modifie la perception tout en créant une nouvelle réalité dont le client n’avait pas toujours conscience auparavant, et de laquelle il lui saura difficile de s’échapper si le rapport d’intervention vient cristalliser les choses.

Pour conclure, le géobiologue doit constamment faire preuve d’humanisme, de psychologie et de sérieux envers son client. Dans tous les cas le géobiologue se doit de respecter l’éthique professionnelle telle qu’elle a été inscrite dans le Code de déontologie et la Charte professionnelle de la Confédération Nationale de Géobiologie, excluant impérativement tout effet, ou réponse, nocebo, dans sa pratique et façon de faire.

Pour citer cet article : Olifirenko Bernard, “L’effet nocebo en géobiologie”, site internet http://argemaformation.com/index.php/2020/11/26/leffet-nocebo-en-geobiologie/, le 26 novembre 2020.

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Argema Formation – École Nationale de Géobiologie Appliquée.
Demande d’information complémentaire.

Bernard OLIFIRENKO géobiologue

Pour joindre l’auteur :
argema.toulouse@wanadoo.fr
Tél. : 06.88.43.46.36.

Bernard OLIFIRENKO
Géobiologue, Ecoconsultant, Ergonome.

Bernard OLIFIRENKO
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argema.toulouse@wanadoo.fr